Dans le domaine de la formation, seul l’abondement en heures complĂ©mentaires de formation existe. Zoom sur les profils des bĂ©nĂ©ficiaires et des abondements possibles.
Lorsque le nombre d’heures crĂ©ditĂ©es au compte CPF d’une personne est insuffisant pour couvrir son besoin en formation, le recours a un abondement – c’est-Ă -dire, Ă un complĂ©ment d’heures de formation – est possible selon le profil du demandeur.
Un abondement uniquement en heures
Alors que le terme d’abondement dans le monde de l’entreprise fait Ă©cho aux abondements financiers (versement complĂ©mentaire effectuĂ© par une entreprise Ă un organisme, dans le cadre d’un plan d’Ă©pargne d’entreprise ou de l’actionnariat des salariĂ©s), dans le domaine de la formation, l’abondement est uniquement un complĂ©ment en heures de formation.
Le principe d’un abondement en numĂ©raire, et donc de la monĂ©tisation du CPF semble encore une fois Ă©cartĂ©e dans le cadre des discussions des rĂ©formes en cours. La monĂ©tisation pourrait pourtant fluidifier et simplifier la mise en place d’actions de formation.
A qui bénéficient les abondements en formation ?
Les abondements au CPF peuvent ĂŞtre le fruit d’accords d’entreprise, de groupe ou de branche professionnelle, des partenaires sociaux d’un Opca interprofessionnel. Ils s’adressent Ă des publics spĂ©cifiques :
- Des publics fragilisés en matière d’emploi ;
- Les personnes les moins qualifiées ;
- Les personnes exposées à des facteurs risques professionnels ;
- Les personnes occupant des emplois menacés par les évolutions économiques ou technologiques ;
- Les personnes Ă temps partiel.
Certains abondements sont négociés pour des formations prioritaires en fonction des domaines d’activité.
Zoom sur le Compte Professionnel PrĂ©vention et l’abondement au CPF
Le barème d’acquisition des point dans le cadre du Compte Professionnel PrĂ©vention (ex- Compte pĂ©nibilitĂ©) est Ă©tabli en fonction du nombre de facteurs de risques professionnels dĂ©clarĂ©s pour l’exposition de chaque salariĂ©, et de la durĂ©e de cette exposition.
Le calcul des points acquis fonctionne selon le barème suivant : 3 mois d’exposition Ă un mĂŞme facteur au-delĂ du seuil donnent droit Ă 1 point.
Chaque point donne droit à 25 heures de formation professionnelle. Ces heures de formation ont pour objectif de permettre au salarié concerné d’accéder à un poste moins exposé ou non exposé au(x) facteur(s) de risques.
Bon à savoir : 20 points du Compte Professionnel Prévention sont réservés à l’utilisation pour la formation professionnelle (sauf cas particuliers).
Zoom sur le CPF et les salariés refusant un accord de compétitivité
Le dĂ©cret n° 2017-1880 du 29 dĂ©cembre 2017 dĂ©finit le montant, les conditions et les modalitĂ©s de l’abondement du CPF au bĂ©nĂ©fice du salariĂ© licenciĂ© Ă la suite du refus d’une modification du contrat de travail rĂ©sultant de l’application de l’accord d’entreprise.
Le salariĂ© licenciĂ© – suite au refus d’une modification de son contrat de travail rĂ©sultant de l’application d’un accord d’entreprise – bĂ©nĂ©ficie ainsi d’un abondement minimum de 100 heures de son CPF.
Dans les 15 jours calendaires après la notification du licenciement, l’entreprise concernĂ©e adresse Ă l’organisme paritaire collecteur agréé dont elle relève les informations nĂ©cessaires Ă l’abondement, notamment le nom du salariĂ© bĂ©nĂ©ficiaire et le nombre d’heures de formation attribuĂ©es.
La somme due par l’entreprise Ă l’organisme paritaire collecteur agréé dont elle relève au titre du financement spĂ©cifique de l’abondement correspond au nombre d’heures ainsi ajoutĂ©es multipliĂ© par un montant forfaitaire de 30 euros.
Cette somme s’ajoute aux sommes qui doivent ĂŞtre consacrĂ©es par l’employeur au financement du CPF. Cette somme est reversĂ©e par l’organisme paritaire collecteur agréé au fonds paritaire de sĂ©curisation des parcours professionnels avant le 30 avril de l’annĂ©e suivant la clĂ´ture de l’exercice.
Cas particulier : l’abondement automatique au CPF
L’abondement automatique du CPF est applicable dans les entreprises de plus de 50 salariés, si l’employeur n’est pas en mesure de justifier qu’au cours des 6 dernières années le salarié a bénéficié des entretiens professionnels prévus tous les 2 ans, et qu’il a bénéficié d’au moins 2 sur 3 des actions suivantes :
- Suivi au moins une action de formation ;
- Bénéficié d’une progression, salariale ou professionnelle ;
- Acquis des éléments de certifications, par la formation ou par une validation des acquis de son expérience.
Cet abondement est de 100 heures pour un salarié à temps complet, et 130 heures pour un salarié à temps partiel.
