Quelles conséquences de la crise sur le déroulement des formations des chômeurs ?

La Dares a réalisé une étude rapide afin de mesurer les conséquences de la crise sanitaire sur le déroulement des formations des demandeurs d’emploi. Zoom sur les principaux résultats.

Entre le 8 et le 25 avril 2020, la Dares a sollicité les demandeurs d’emploi en formation pour recueillir leurs avis sur le déroulement des formations durant la crise sanitaire du coronavirus. L’enquête a été menée via un questionnaire en ligne et une interview téléphonique, en cas d’absence de réponse en ligne. Ainsi, 5 600 stagiaires en cours de formation au début de la période de confinement (16 mars 2020) ont répondu, soit un taux de réponse de 63 %.

Des formations maintenues pour 2/3 d’entre elles

Parmi les formations en cours lors du début du confinement en mars 2020, seules 7 % étaient déjà 100 % en ligne. Parmi les formations qui comportaient tout ou partie de présentiel, deux tiers ont été partiellement ou totalement maintenues et un tiers ont été totalement suspendues.

A noter : 62 % des formations « AFPR-POEI* » ont été complètement suspendus. A l’inverse, ce sont les formations certifiantes qui ont le plus souvent été partiellement ou entièrement maintenues (64 %).

étude dares : formations suspendues par type de formation

Les formations incluant beaucoup de travaux pratiques, de stages en entreprise ont davantage dû être suspendues en raison de la difficulté de transposer ces enseignements dans une relation à distance. Les formations préalables à l’embauche (AFPR-POEI) ont été largement impactées également parce que la période de confinement a perturbé le fonctionnement des entreprises. Ce sont ces dernières qui dispensent les stages pratiques.

Par ailleurs, 95 % des stagiaires dont les formations ont été maintenues ont été en capacité d’assister au moins partiellement à ces sessions à distance, même si les moins diplômés déclarent légèrement plus souvent que leur assiduité n’a pu être que partielle. Obligations familiales, manque d’équipements informatiques ou d’accès Internet suffisamment performants ont été les freins évoqués.

Quelles modalités ont été mises en place pour maintenir les formations ?

Dans plus de la moitié des cas de maintien de formation, les cours ont pu être dispensés par vidéo et, dans un quart des cas, par téléphone. Ont été aussi mises à disposition des formations en ligne et également, dans certains cas, les organismes de formation ont envoyé par e-mail des documents et des exercices à effectuer et à rendre. Parfois, le maintien de la formation s’est effectué via des outils plus sommaires (envoi de documents par courrier ou par messagerie).

études dares : sessions à distance

On notera que 52 % de l’ensemble des formations certifiantes, professionnalisantes ou de perfectionnement qui avaient lieu en présentiel ont bénéficié de séances de formation à distance. Ce qui est loin d’être le cas pour les formations de type « AFPR-POEI* » dont seulement 17 % en ont bénéficié.

Enfin, 70 % des stagiaires déclarent avoir continué à travailler sur leurs sujets. Des liens avec l’organisme de formation ont été le plus souvent maintenus : dans plus de 60 % des cas, les stagiaires avaient la possibilité de contacter leur formateur et dans 30 % des cas, l’organisme a pu envoyer des documents.

*AFPR-POEI : Action de formation préalable au recrutement et Préparation opérationnelle à l’emploi individuelle.

A propos de la reprise des formations en présentiel

Sandrine

Spécialiste des politiques d'emploi et de formation. Ancienne chef de projet éditorial du Carif IDF puis Responsable Com' Multimédia de Défi métiers. En savoir plus sur l'auteur de cet article

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