Le Conseil des Ministres a adoptĂ©, le 9 novembre, lâordonnance qui crĂ©e lâĂpic et qui succĂ©dera Ă lâAFPA au 1er janvier 2017. Ătape trĂšs importante dans le plan de transformation, l’ordonnance adoptĂ©e hier en conseil des ministres dĂ©finit les missions, lâorganisation et le fonctionnement du nouvel Ă©tablissement. Elle traite aussi des modalitĂ©s de transfert vers le patrimoine de ce dernier des biens de lâEtat utilisĂ©s par lâAFPA.
LâEtat assurera la tutelle de ce nouvel Ă©tablissement à la date dâeffet de la dĂ©cision portant dissolution de lâAFPA, et au plus tard le 1er janvier 2017. Lâordonnance, prise sur le fondement du II de lâarticle 39 de la loi n° 2015-994 du 17 aoĂ»t 2015 relative au dialogue social et Ă l’emploi instaure un Ă©tablissement public industriel et commercial appelĂ© Ă assurer les missions de service public et les activitĂ©s jusquâĂ prĂ©sent exercĂ©es par l’AFPA. Le dĂ©cret qui lâaccompagne prĂ©voit quant Ă lui que le directeur gĂ©nĂ©ral du futur Ă©tablissement sera nommĂ© par dĂ©cret en conseil des ministres.
Le futur EPIC, qui sera opérationnel le 1er janvier, se voit confier :
4 missions de service public non concurrentielles :
- IngĂ©nierie de certification des titres professionnels pour le compte de lâEtat
- Anticipation de lâĂ©mergence de nouveaux mĂ©tiers
- Expertise sur lâĂ©volution des compĂ©tences
- Appui au conseil en évolution professionnelle CEP
2 activitĂ©s, qui sâexercent dans un champ concurrentiel :
Ces deux missions seront rĂ©alisĂ©es par des filiales spĂ©cialisĂ©es, dĂ©tenues par lâEPIC.
- La formation des demandeurs dâemploi (cĆur historique des missions de lâAFPA)
- DĂ©veloppement dâune nouvelle activitĂ© qui vient frontalement concurrencer le marchĂ© de la formation professionnelle : la formation des salariĂ©s.
Sauver l’AFPA, une mission impossible ?
Par la pĂ©rennisation de lâAFPA (sauvĂ©e par l’Ă©tat en 2012 de la cessation de paiements), lâEtat tĂ©moigne de sa confiance dans lâinstitution.
En effet, aprĂšs avoir versĂ© 160 millions en 2013 et 2014 via la souscription d’obligations associatives et 150 millions en 2015 pour lui permettre de se recapitaliser, l’Ă©tat créé le CPF qui n’empĂȘchera malheureusement pas l’AFPA d’afficher une perte net de 150 millions d’euros en 2015*…
Le « plan 500 000 » en place en 2016 et le transfert du patrimoine national utilisĂ© par l’AFPA vers l’EPIC en 2017 sauvera t’il le paquebot ?
*Vidéo de Christian Filliot Secrétaire général CGT AFPA
![]()

PrĂ©sident de lâAFPA
Yves Barou le prĂ©sident de lâAfpa reste positif et s’exprime via le communiquĂ© de presse du ministĂšre du travail de l’emploi et de la solidaritĂ© sociale « Une Ă©tape importante pour lâAfpa et pour le service public » du 9 novembre 2016 :
« LâĂpic sera créé au 1er janvier 2017. Dans lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, lâAfpa est ainsi pĂ©rennisĂ©e. Car, si lâAfpa nâexistait pas, il faudrait lâinventer »
Dans un autre interview de Yves Barou, la vision l’Afpa se prĂ©cise :
![]()
« Il y a en France beaucoup plus d’opĂ©rateurs de formation que dans d’autre pays… il y a toute une myriade de petits acteurs »
« Il faut transfĂ©rer de l’argent des salariĂ©s vers les demandeurs d’emplois… il faut faire ce transfert. la France l’a fait avec la derniĂšre loi, en gros 700 millions d’euros mais ça n’est pas assez »
Les textes de l’ordonnance sont trĂšs attendus par les acteurs de la formation mais aussi au sein de l’AFPA dans lequel les 6 syndicats ont, adressĂ© le 10 octobre dernier une demande de rencontre sur leur avenir incertain Ă Emmanuel Valls, Premier ministre.
« On a tous droit à plusieurs vies »
Une fois les textes publiĂ©s samedi 12 novembre, dĂ©butera la structuration de l’EPIC : crĂ©ation des filiales, affectation des personnels, nomination du directeur gĂ©nĂ©ral, dĂ©volution des sitesâŠ
MAJ samedi 12 novembre, l’ordonance est dĂ©sormais publiĂ©e :
