15 milliards d’investissement pour la formation

Le grand plan d’investissement de 56,3 milliards d’euros vient d’être présenté par Edouard Philippe, Premier ministre et l’économiste Jean Pisani-Ferry, missionné sur ce dossier. Zoom sur le plan d’investissement en faveur de la formation.

Lundi 25 septembre, à Matignon, Edouard Philippe, Premier ministre et l’économiste Jean Pisani-Ferry ont présenté le plan quinquennal figurant dans la promesse de campagne d’Emmanuel Macron avant son élection.

L’objectif de ce plan d’investissements est de restaurer la compétitivité de la France, notamment en misant sur la formation des jeunes.

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(Source : dossier de presse ministériel)

56,3 milliards dont 15 milliards pour la formation

Deux dossiers se voient doter d’enveloppes budgétaires de 20 milliards d’euros (la transition écologique) et 15 milliards d’euros (la formation).

Puis 2 autres enveloppes sont annoncées sur la compétitivité sur l’innovation (13 milliards) et sur la réforme de l’action publique (9 milliards).

Sur les 15 milliards affectés à la formation, 11 milliards sont annoncés pour financer uniquement des formations aux chômeurs de longue durée et aux jeunes peu qualifiés et éloignés de l’emploi, sur les 5 ans du Quinquennat. Une enveloppe annuelle d’un million par an devrait être destiné à chacun de ces publics prioritaires.

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Comment sera financé ce plan d’investissement ?

Les enveloppes seront distribuées de manière progressive, par tranches, de 2018 à 2022. Dix milliards doivent venir du 3e programme d’investissements d’avenir (PIA) lancé par François Hollande lors du précédent quinquennat.

Une autre partie devrait venir du redéploiement de crédits existants (mais sans en connaître la liste exhaustive pour le moment) et également de nouveaux crédits à hauteur de 20 milliards. Enfin 11 milliards d’euros devraient être empruntés auprès de la Caisse des dépôts et consignations.

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Un soutien sans faille de Muriel Pénicaud, ministre du Travail

Dans le Grand RDV d’Europe 1 du 24 septembre 2017, Muriel Pénicaud, ministre du Travail, rappelle

“combien il est important de faire cet investissement sans précédent dans les compétences. Aujourd’hui 5,5 % des gens qui ont une qualification sont au chômage ; c’est 19 % pour ceux qui n’en ont pas”.

Et notre société évolue, non pas vers une société du low cost mais vers une société de la connaissance, de l’innovation, de la compétence. La vraie sécurité demain, c’est la compétence ; et il est donc essentiel qu’on ne laisse personne au bord du chemin et que les Français puissent tous accéder à une qualification.

Ce plan va permettre à un million de jeunes et de personnes sans emploi de se former avec plus de temps de qualification – des qualifications reconnues- , beaucoup de nouvelles compétences dans le numérique, dans la transition énergétique : il y a de nouveaux besoins. Je pense que c’est une chance pour notre pays en termes de compétitivité globale, mais c’est surtout une chance pour chacun de participer à cette croissance au lieu d’en être exclu. “

Qui va bénéficier des 15 milliards d’investissement pour la formation

6,7 milliards d’euros seront consacrés à former 800 000 jeunes décrocheurs, et 7,1 milliards d’euros à former 1 million de demandeurs d’emploi les plus éloignés du marché du travail.

“Si nous arrivons à faire retrouver le chemin de l’emploi pérenne à 300 000 personnes (150 000 jeunes décrocheurs et 150 000 chômeurs, ndlr), ce sera déjà bien.

Cela correspond à un point de chômage structurel en moins. En matière de retour à l’emploi, il vaut toujours mieux partir sur des hypothèses prudentes.”
estime Jean Pisani-Ferry dans son rapport,

Quelles sont les formations prioritaires du grand plan d’investissement

Les formations longues (de plus de 6 mois) et certifiantes seront privilégiées ainsi que les formations courtes qui peuvent permettre aux demandeurs d’emploi de mieux intégrer la dimension des compétences relationnelles pour espérer s’intégrer dans une entreprise : Compétences linguistiques (maîtrise du français & langues étrangères), rédactionnelles, de communication, postures professionnelles, etc.

Parmi la population des jeunes décrocheurs, 300 000 devraient accéder à une “préparation aux dispositifs d’apprentissage et d’alternance”.

Parmi les 2 millions de formations qui seront financées, 250 000 devraient s’effectuer à distance s’inscrivant dans un parcours diplômant. Membre du forum des acteurs de la formation digitale (FFFOD) Arnaud PORTANELLI précise :

“Ce chiffre ne représente moins de 2% des formations sur les 5 prochaines années, 1.25% pour être précis. Édouard Philippe semble avoir compris les avantages du e-leaning… ce chiffre ne le démontre pas”.

 

Sandrine

Spécialiste des politiques d'emploi et de formation. Ancienne chef de projet éditorial du Carif IDF puis Responsable Com' Multimédia de Défi métiers.

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1 Response

  1. cozin dit :

    On remarquera que les pouvoirs publics vont dépenser 20 milliards pour “accélérer la transition écologique” mais seulement 15 milliards pour la “société de compétences” alors qu’un grand nombre de gestes écologiques relèvent justement de la compétence (ou de l’incompétence) des citoyens
    – limiter sa consommation d’énergie, ne pas gaspiller la ressource, prévoir l’isolation de son logement, pratiquer le co-voiturage ou faire du vélo….

    Plutôt que dépenser des milliards pour changer les vieux Diesel des automobilistes, les convecteurs électriques ou isoler les habitations ne serait-il pas plus pertinent d’agir en amont sur l’éducation et la formation ?

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