Les OPCA, déjà bien plus que de simples collecteurs

Depuis plusieurs années, et surtout depuis la réforme de 2014, les OPCA ont transformé leur métier : de collecteurs et gestionnaires des fonds de la formation, ils sont devenus prestataires d’une offre de services individualisée auprès des entreprises.

De moins en moins « banquiers » et de plus en plus conseillers en RH, ils sont aujourd’hui loin de leur image de simples collecteurs.

Une étude conduite dans le cadre d’une convention signée avec la DGEFP auprès de quatre OPCA permet de cerner leur activité et le modèle économique dans lequel ils s’inscrivent, à la veille d’une nouvelle réforme de la formation continue.

Certains OPCA seraient-ils déjà des opérateurs de compétences ?

Les OPCA connaissent depuis une quinzaine d’années une transformation de leur offre de services qui s’éloigne progressivement de la seule activité de collecte. Depuis 2014, sous l’effet des nouvelles missions qui leur sont confiées et de la fin de la contribution obligatoire pour les plus grandes entreprises, cette transformation s’est accélérée.

Information, sensibilisation, anticipation, accompagnement dans l’analyse et la définition des besoins des entreprises… Les nouvelles missions confiées aux OPCA par la loi de 2014 sur la formation professionnelle ont abouti à la construction d’une offre de services complète et hiérarchisée. Parallèlement, la recherche de compléments de financements est devenue pour les OPCA un enjeu économique de premier ordre impliquant de nouvelles stratégies, la collecte ne représentant plus qu’une part mineure de leur activité. Les OPCA ont ainsi développé un nouveau modèle économique intégrant une logique de type commercial : les prestations s’adaptent aux niveaux de versements libres consentis par les entreprises et l’offre de services se doit d’être attractive.

Prestataires de services et intermédiaires auprès des entreprises, relais des politiques publiques, au final œuvrant à la simplification du système, les OPCA étudiés remplissent dès aujourd’hui certaines de leurs missions de demain.

Pour autant, OPCA et TPE peinent encore à se rencontrer. Au cours des entretiens menés lors de cette étude, rares sont les TPE qui indiquent avoir vu les véritables effets des réformes successives sur leur relation avec leur OPCA. Une majorité d’entre elles déclare méconnaître l’offre de services dont elles pourraient bénéficier. La gestion à distance, l’approche collective semblent être inadaptées aux TPE en demande d’une relation individualisée et de proximité, notamment pour les aider sur la question cruciale du choix des organismes de formation.

Quelles perspectives pour les OPCA ?

Si les OPCA connaissent depuis une quinzaine d’années une lente transformation de leur offre de services qui s’éloigne progressivement de la seule collecte, c’est à une accélération sans précédent de cette transformation à laquelle nous assistons avec la réforme de 2014, conduisant les OPCA vers un nouveau modèle économique.

Un véritable changement de nature s’opère, de type structurel et non de simple adaptation. Il en ressort de nouveaux outils d’interventions, d’accompagnement, de mutualisation, mais aussi d’études et de prospective au service des entreprises, de leur branche, et des acteurs du marché du travail et de la formation. Dans ce modèle émergeant, les OPCA apparaissent tout autant les relais des politiques publiques que les intermédiaires auprès des entreprises, capables de donner une cohérence à la grande diversité des outils mobilisés. Ce faisant, ils gomment partiellement la complexité du système de formation, perçue comme un handicap par les employeurs, le rendant plus lisible et accessible.

Etude sur l’accompagnement des entreprises par les OPCA

Dans le cadre d’une convention avec la Direction générale de l’emploi et de la formation professionnelle (DGEFP) du ministère du Travail, le Céreq s’est engagé depuis 3 ans dans une étude sur l’accompagnement des entreprises par les OPCA. Cette étude est conduite en collaboration avec le Centre d’études de l’emploi et du travail (CEET) et le Centre de recherche en économie et management (CREM). Le corpus est formé de quatre OPCA : Agefos PME, Unifaf, OPCA Transports services et Constructys. Desentretiens ont été conduits dans les OPCA, auprès d’acteurs institutionnels concernés et dans des entreprises (PME et TPE).

Lire l’étude du Céreq

Arnaud

Rédacteur en chef @CPFormation - Web Entrepreneur @Lingueo - Chroniqueur @BFMBusiness #EdTech #Formpro #FOAD #COAD #WEB

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