Propositions des régions pour la réforme de la formation professionnelle

Les Régions de France comptent bien se faire entendre dans la réforme de la formation professionnelle. L’association a fait part de 18 propositions pour l’avenir de la formation pro tout au long de la vie.

Pour alimenter le débat public en cours sur la réforme de la formation professionnelle en France l’association Les Régions de France a fait part de 18 propositions « pour relever les dé­fis de la société des compétences et de la bataille pour l’emploi« .

L’apprentissage est une compétence structurante des Régions. Elles y consacrent près de 2 milliards d’euros par an (investissement et fonctionnement) et développent cette modalité de formation efficace pour l’insertion professionnelle des jeunes, comme elles l’ont rappelé dans une lettre adressée le 3 novembre au Premier ministre Edouard Philippe.

Les élus régionaux ont ainsi présenté un document de 16 pages qui synthétise leurs souhaits de réforme pour l’orientation, l’apprentissage, la formation professionnelle tout au long de la vie, l’accompagnement vers l’emploi et la prise en compte des spécificités des Outre-mer.

Sept propositions autour de l’apprentissage

En renfort des 7 propositions sur l’apprentissage s’ajoute une proposition autour de l’orientation des jeunes, avec notamment une meilleure informations sur les formations. Le volet de l’information auprès des jeunes et des familles apparaît comme crucial dans le développement de l’apprentissage :

  • Renforcer l’information sur l’offre de formation en apprentissage en direction des familles et des jeunes, au collège comme au lycée ;
  • mieux valoriser et accompagner le tutorat des jeunes : informer obligatoirement tous les collégiens sur l’apprentissage ;
  • ouvrir la possibilité pour les collégiens d’effectuer leur stage de 3e  dans les CFA ;
  • permettre aux jeunes d’effectuer une première année en CFA sans contrat d’apprentissage ; généraliser de véritables dispositifs de préparation à l’apprentissage ouvert à tous les publics sur les savoirs de base, les savoirs-être, la préparation du projet professionnel labellisé par les Régions ;
  • mieux prendre en compte la fonction de maître d’apprentissage dans les parcours professionnels et les accompagner.

A noter : les Régions souhaitent se voir confier l’organisation de la totalité de l’offre de formation professionnelle initiale, dans les voies professionnelles et technologiques, y compris les BTS et licences professionnelles afin de renforcer la cohérence de l’offre de formation sur les territoires vis-à-vis des jeunes et vis-à-vis des entreprises. Dans cette dynamique, elles souhaiteraient disposer d’un droit à l’expérimentation en matière d’apprentissage pour unifier les primes et aides aux employeurs d’apprentis des différents acteurs (Etat, Régions). L’objectif ? Tendre vers plus de simplification et de lisibilité des entreprises et expérimenter un certain nombre d’innovations réglementaires pour lever les freins au développement de l’apprentissage.

Les Régions mettent en avant également la nécessaire mise en place d’une modularisation des formations et des parcours de formation en apprentissage pour adapter l’apprentissage au profil et aux acquis préalables de chaque apprenti et aux besoins des entreprises pour être plus réactifs.

Une des pistes évoquées est le renforcement des mutualisations entre CFA et lycées professionnels, notamment en matière de plateaux techniques. L’idée serait de faciliter l’exercice conjoint en lycée ou en alternance pour les enseignants et formateurs et ainsi de promouvoir la transversalité des voies de formation. Dans le même ordre d’idée, les Régions préconisent de renforcer l’articulation lycée professionnel et entreprise par la valorisation de l’alternance.

Seulement 4 propositions sur la formation pro tout au long de la vie

L’objectif de ces 4 propositions ? Simplifier et renforcer l’efficacité de la formation professionnelle tout au long de la vie. Cela passerait par une nouvelle répartition des rôles de chaque acteur impliqué dans la formation, contractualisé par un Plan d’investissement compétences.

En premier lieu, les Régions préconisent d’unifier le pilotage de la commande de formations des demandeurs d’emploi autour des Régions. L’objectif ? Réduire les coûts de gestion et être plus efficace, en articulation étroite avec les branches, les entreprises et les partenaires sociaux dans la proximité des territoires et avec la réactivité indispensable.

Puis, elles envisagent de conclure un pacte pluriannuel de 3 ans pour la mise en œuvre du PIC (Plan d’investissement compétences), qui correspondrait à la durée allant jusqu’à la fin du mandat régional. Les objectifs stratégiques nationaux seraient contractualisés sur cette période, avec une décentralisation des financements et des moyens aux Régions et une visibilité pour l’ensemble des acteurs.

Enfin, les Régions appellent à donner une nouvelle impulsion au dialogue social territorial en contractualisant la mise en œuvre du plan d’investissement compétences entre les Régions et les branches professionnelles, filière par filière. Ce plan serait décliné par les Régions en contrat d’objectifs régionaux avec chaque branche pour :

  • adapter l’offre de formation ;
  • recenser les emplois non pourvus ;
  • élaborer une offre de formation répondant localement aux besoins de l’ensemble des filières.

A ce jour, plus de 21 schémas différents sont recensés sur les champs de la formation et l’emploi. Les Régions indiquent vouloir mettre en place un choc de simplification au niveau des schémas et des différentes normes, en conservant uniquement le CPRDFOP (Contrat de plan régional de développement des formations et de l’orientation professionnelles), le cas échéant au travers d’un périmètre élargi.

En complément de ces propositions, une autre piste envisagée est d’expérimenter le pilotage par les Régions volontaires des fonctions de Pôle emploi, consacrées au conseil et à l’accompagnement vers l’emploi. L’objectif de cette proposition est de réformer l’accompagnement vers l’emploi.

5 propositions pour prendre en compte les spécificités des Régions et collectivités d’Outre-mer

La mobilité constitue un enjeu majeur, indissociable des actions pour la formation professionnelle et l’apprentissage. Il est encore plus prononcé pour les personnes d’Outre-mer. Pour y répondre, les Régions émettent la piste d’une meilleure pondération des dossiers des bacheliers ultramarins lors de leurs voeux de formation post-bac.

Afin d’accroître leurs opportunités de poursuite d’études, les Régions proposent de mobiliser les crédits du grand plan d’investissement pour faciliter les partenariats entre les lycées des Outre-mer et ceux de l’Hexagone pour faciliter les candidatures en BTS des lycéens de la voie professionnelle… et avec les IUT de l’Hexagone pour les bacheliers de la voie technologique.

Les Régions appellent également à maintenir, a minima, les fonds indispensables pour la formation des demandeurs d’emploi ultramarins mais aussi à soutenir plus fortement les collectivités d’Outre-mer dans leur action en matière de lutte contre l’illettrisme.

Enfin, développer la formation ouverte à distance pour atténuer les conséquences liées à l’enclavement de certaines parties du territoire est essentielle pour les Régions.

Si les propositions sont parfois proches d’une liste à la Prévert, elles ne donnent pas de pistes possibles de mises en oeuvre : qui ? à quelle échéance ? quel budget ?

Consultez l’ensemble des 18 propositions de Régions de France :

http://regions-france.org/wp-content/uploads/2017/11/ARF9560_18Propositions_HD.pdf

Sandrine

Spécialiste indépendante des politiques d'emploi et de formation. Ancienne chef de projet éditorial du Carif IDF puis Responsable Com' Multimédia de Défi métiers. Retrouvez-moi sur twitter @ActuFormation

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