Numérique : vision prospective partagée des emplois et des compétences

Le rapport de France Stratégie analyse les évolutions et enjeux des métiers cœur du numérique.

France Stratégie, avec l’appui du Céreq, a conduit une expérimentation autour de la construction d’une vision prospective partagée des emplois et des compétences de la filière numérique, en réponse à la sollicitation du Conseil national de l’industrie fin 2015.

Quelle vitalité dans le secteur du numérique ?

Un groupe de travail composé d’acteurs et d’experts issus d’horizons très diversifiés (partenaires sociaux, entreprises, administrations, acteurs régionaux, experts du numérique, instituts d’études et de statistique,…) a construit en 8 mois une étude qui permet d’éclairer de façon concrète l’évolution à 2/3 ans des emplois et métiers « cœur » du numérique, et les modes de professionnalisation permettant d’alimenter ces métiers.

Cette vision est ainsi bâtie non par simulation de scénarios macroéconomiques mais à partir des réalités des stratégies industrielles et territoriales. En introduction de ce rapport, France Stratégie rappelle que les entreprises de la filière numérique au sens du Comité stratégique de la filière numérique du Conseil de l’industrie emploient en 2014 environ 700 000 salariés en équivalent temps plein. Une vision plus large de l’économie du numérique (secteur des contenus et supports culturels, commerce de détail, fabrication de câbles et fibres optiques) aboutit à une estimation d’environ 860 000 salariés en équivalent temps plein.

La diffusion massive des technologies porte la croissance de l’emploi dans la filière. Il faut aussi noter qu’une part importante des métiers du numérique est créée hors de ces secteurs dits numériques : la banque-assurance, l’e-commerce, l’e-tourisme, etc.

L’exercice de prospective des Métiers et Qualifications réalisé par France Stratégie et la Dares (2015) propose des projections d’emplois par métiers et qualifications à l’horizon 2022 selon la nomenclature des familles professionnelles (FAP). Dans le scénario central, 110 000 emplois seraient créés entre 2012 et 2022 pour les métiers de l’informatique et des télécommunications, soit une croissance annuelle moyenne de l’emploi de 1,8 % (contre 0,7 % pourl’ensemble des métiers).

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Quel lien tisser entre formation et emploi dans le numérique ?

La tendance actuelle serait à l’hybridation des compétences : adjoindre des compétences numériques à certains métiers non scientifiques à l’origine (marketing, design, etc.), tandis que d’autres métiers techniques se verraient symétriquement imposer l’adjonction de compétences transversales (sociales, créatives, etc.).

Le schéma séquentiel classique de la relation formation-emploi peut se résumer par les phases suivantes : évolution des métiers et des emplois, formalisation des besoins en compétences par les acteurs du monde professionnel, réponse de l’appareil éducatif en termes d’adaptation des filières de formation, alimentation du marché du travail par les nouvelles générations passées par ces filières. Il ne permet pas l’évolution rapide du contenu des formations alors que certains emplois se voient profondément transformés par les mutations technologiques.

Deux chantiers d’ampleur sont déployés :

  • Des SIAE, structures d’insertion par l’activité économique, ont engagé des initiatives dans le but de formaliser des parcours d’insertion par le numérique. Si elle peut représenter un premier palier pour sortir les personnes d’une situation d’isolement et de précarité et les remettre dans une dynamique d’apprentissage, la formation en situation de travail, au fondement du projet des SIAE, reste cependant dans la plupart des cas insuffisante pour acquérir un niveau de qualification permettant l’accès direct à un emploi ou un métier « cœur du numérique ».
  • La Grande Ecole du numérique (GEN) vise à structurer sur l’ensemble du territoire national une offre de formation diversifiée, les « fabriques du numérique », afin de « répondre aux besoins croissants du marché de l’emploi en compétences numériques » et de « favoriser l’insertion socio-professionnelle des publics éloignés de l’emploi et de la formation ». Au premier semestre 2017, à l’issue du lancement de plusieurs appels d’offres, 268 formations sont désormais labellisées.

La réussite de ces deux initiatives repose sur un réseau de partenaires structuré, allant des « prescripteurs sociaux » aux entreprises du numérique.

Par ailleurs, de nombreuses structures de formation initiale développent de nouveaux modes de coopération avec les entreprises, et intègrent progressivement, en plus des pratiques de formation initiale, des actions de formation continue.

Les entreprises doivent ainsi faire évoluer leur positionnement dans le champ de la relation formation-emploi. Cela concerne la perception par les entreprises de l’enjeu que représente leur engagement direct dans la construction de compétences numériques, dès lors qu’elles identifient des besoins spécifiques auxquels le système de formation n’est pas en mesure de répondre de manière immédiate.

Au gré des évolutions techniques et des choix stratégiques, des salariés peuvent être amenés à voir le contenu de leurs fonctions modifié, ce qui implique de la part de leur entreprise un effort continu pour les accompagner dans l’actualisation de leurs compétences, voire pour leur proposer des fonctions nouvelles.

Sandrine

Spécialiste indépendante des politiques d'emploi et de formation. Ancienne chef de projet éditorial du Carif IDF puis Responsable Com' Multimédia de Défi métiers. Retrouvez-moi sur twitter @ActuFormation

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