Lutte contre l’Illettrisme

L’illettrisme désigne l’état d’une personne qui a été scolarisée mais que cet apprentissage n’a pas conduit à la maîtrise de la lecture, de l’écriture et du calcul ou que cette maîtrise a été perdue. L’illettrisme est une forme particulière de l’analphabétisme. L’illettrisme relève de l’accès au sens des écrits. Le texte que l’illettré ne comprend pas est accessible lorsque le texte est lu.

L’illettrisme engendre souvent des problèmes d’employabilité.

La notion voisine d’innumérisme s’applique aux personnes ayant des difficultés à maitriser les nombres, le raisonnement et le calcul.

Agir contre l’illettrisme

Si l’illettrisme est bien un phénomène post-scolaire à proprement parler, les difficultés rencontrées très tôt par l’élève peuvent en être des signes précurseurs.

Illettrisme des adultes concernerait aujourd’hui 1 Français sur 10.

C’est donc dès l’école maternelle et tout au long de la scolarité obligatoire qu’il faut prévenir l’illettrisme en apportant des réponses adaptées aux facteurs de vulnérabilité, afin d’assurer une forme d’irréversibilité des acquis de base : c’est le cœur même des missions de l’éducation nationale.

Qu’est-ce que l’illettrisme ?

L’illettrisme désigne la situation d’une personne qui a bénéficié d’apprentissages mais qui n’a pas acquis – ou qui a perdu – la maîtrise de la lecture et de l’écriture, en raison d’apprentissages trop fragiles. Dès lors, cette personne ne possède pas les compétences de base pour être autonome dans les situations simples de la vie courante et se trouve particulièrement exposée au risque d’exclusion sociale.

Souvent invisible, l’illettrisme est pourtant une réalité partout présente. Aujourd’hui, 2,5 millions de personnes se trouvent en situation d’illettrisme, soit 7 % des personnes ayant été scolarisées en France et âgées de 18 à 65 ans (Insee, enquête « Information et vie quotidienne »). Les évaluations menées dans le cadre de la Journée défense et citoyenneté soulignent que, si 80,3 % des jeunes Françaises et Français de 17 ans sont des lecteurs efficaces, 10,4 % sont en difficulté de lecture et 4,8 % en grande difficulté.

Remédier à l’illettrisme des adultes : une grande cause du compte personnel de formation

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Lutte contre l’illettrisme

Le Premier ministre a souhaité faire de la lutte contre l’illettrisme la « grande cause nationale» pour l’année 2013. Il marque ainsi la volonté du Gouvernement de se mobiliser afin que chacun puisse acquérir les compétences fondamentales nécessaires pour accéder au savoir, à la culture, à l’emploi, à la formation professionnelle et à l’épanouissement personnel, et pour participer pleinement à la vie démocratique.

Un soutien à la parentalité pour mieux accompagner la scolarité des enfants

Si la prévention de l’illettrisme figure au cœur de l’action du ministère de l’éducation nationale, la participation à des actions de formation des adultes dans ce domaine ne saurait pour autant être absente de sa mission d’éducation, dans le cadre de partenariats, notamment avec l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI).

Dans ce contexte, les actions éducatives familiales (AEF) ont un rôle majeur à jouer pour fédérer des actions qui s’adressent aux parents en situation d’illettrisme ou de grande fragilité linguistique et à leurs enfants.

Des formations spécifiques pour les adultes

Les Greta (groupements d’établissements publics locaux d’enseignement) proposent des formations spécifiques pour les adultes en situation d’illettrisme, en s’appuyant sur des certifications pour valider les compétences des salariés.

L’enseignement en milieu pénitentiaire

Pour mieux répondre aux besoins des détenus et éviter de nouvelles ruptures dans leur parcours, l’administration pénitentiaire a mis en place un plan d’action contre l’illettrisme.

Des enseignants de l’éducation nationale assurent l’enseignement. Priorité est donnée aux détenus qui ne savent pas lire ou compter, ainsi qu’à ceux qui n’ont pas reçu d’instruction élémentaire ou de formation professionnelle.

Illettrisme des adultes : Éléments statistiques

L’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI) fédère les initiatives publiques et issues de la société civile déployées pour lutter contre ce phénomène.

En 2011, 11 % des personnes de 18 à 65 ans résidant en France éprouvent des difficultés préoccupantes dans les domaines fondamentaux de l’écrit, soit environ 2,5 millions de personnes. Parmi celles qui ont été scolarisées en France, 7 % sont en situation d’illettrisme. Ce taux était de 9 % en 2004.
Les personnes âgées de 18 à 29 ans ont de meilleurs résultats que les générations plus âgées en lecture et en compréhension orale. Dans le domaine du calcul, la part des personnes très à l’aise baisse par rapport à 2004. Les performances en calcul se dégradent avec l’âge mais l’amélioration globalement enregistrée au fil des générations n’est plus de mise chez les plus jeunes. Les hommes ont plus souvent que les femmes des difficultés à l’écrit, mais c’est l’inverse en calcul. (source : Enquête IVQ 2011).

L’évaluation de la Journée Défense et Citoyenneté (JDC, ex-JAPD) donne une mesure fine des compétences en lecture et mathématiques des jeunes.
En 2013, 9,6 % des participants à la JDC ont rencontré des difficultés en lecture. Pour une partie d’entre eux – 4,1 % de l’ensemble – ces difficultés sont très importantes. 8,6 % ont une maîtrise fragile de la lecture et 81,8 % sont des lecteurs efficaces. Les performances en lecture progressent avec le niveau d’études et sont plus élevées chez les fi lles que chez les garçons.

Le Poitou-Charentes a un taux de lecteurs médiocres compris entre 10 et 12 % (la Charente-Maritime présente de meilleurs résultats avec un taux variant de 8 à 10 %).
9,7 % des participants à la JDC rencontrent des difficultés dans l’utilisation des mathématiques (entre 10 % et 12 % en Poitou-Charentes). 4,8 % des jeunes ne disposent des outils mathématiques requis pour répondre aux besoins de la vie courante : ils sont considérés comme étant en situation d’ « innumérisme ». (Source : DEPP, avril 2014).

L’enquête internationale PISA a par ailleurs signalé que, contrairement à l’un des objectifs de Lisbonne, la proportion de jeunes en difficulté de lecture n’a pas eu tendance à diminuer, et qu’elle a même augmenté entre 2000 et 2009. Ainsi, la proportion de jeunes français considérés comme de « médiocres lecteurs » s’est accrue de 2000 à 2009, passant de 15 % à 20 %, parmi lesquels la proportion de « très mauvais lecteurs » passe de 4 % à 8 %.

La population détenue est globalement en très grande difficulté : plus de la moitié des personnes détenues se situent au mieux à un niveau de fin d’études primaires et ne disposent pas de réelle qualification professionnelle. Le taux d’illettrisme de la population pénitentiaire (environ 15 %) est par ailleurs supérieur à la moyenne nationale. Au total plus de 25 % des détenus entrants échouent au bilan lecture à des niveaux plus ou moins graves.

Pour un meilleur suivi des illettrés

En 2005, une enquête de l’Insee estimait à 3,1 millions le nombre de personnes en France, dont seulement 1,7 millions de salariés, touchés par l’illettrisme, soit 9 % des 18 – 65 ans ayant « mal appris ou désappris les connaissances de base ». Aujourd’hui, le problème est toujours d’actualité.

C’est dans ce contexte que la ministre chargée de l’apprentissage et de la formation professionnelle, Nadine Morano, souhaite former les agents du Pôle emploi à détecter cet illettrisme pour pouvoir apporter aux personnes concernées une réponse adaptée, les guider « vers les formations adéquates ». Selon la ministre, 15 % des chômeurs inscrits au pôle emploi sont illettrés.

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