La formation et les aspirations des salariés

Quel que soit le niveau de qualification, les salariés sont nombreux à exprimer la volonté de se former dans les 5 années à venir…. mais peu se forment.

Le dispositif d’enquêtes sur les formations et les itinéraires des salariés (Defis) met en relation les pratiques des entreprises avec les parcours professionnels de leurs salariés, ainsi que les formations qu’ils ont suivies.

L’analyse présentée dans la publication du Céreq « La formation en entreprise face aux aspirations des salariés » s’appuie sur les données de la première vague de l’enquête conduite en 2015.

Les données sont représentatives de l’ensemble des salariés des entreprises de 10 salariés et plus du secteur marchand présents dans l’entreprise répondante du Defis en décembre 2013.

A noter : Defis est initié par le Conseil national d’évaluations de la formation professionnelle (CNEFP), financé par le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) et conçu par le Céreq.

Ces résultats portent principalement sur les aspects relatifs à la formation (types de formation suivie, relations et informations autour de la formation en entreprise) et aux évolutions professionnelles des salariés en interne et en externe (pour ceux qui ont quitté l’entreprise).

Le souhait et la demande de formation apparaissent comme deux réalités bien distinctes. Si 68 %des salariés partagent le souhait de se former dans les 5 années à venir, avec peu de différences selon le niveau de qualification, les demandes de formation exprimées au cours de la dernière année concernent 31 % des salariés et sont très inégalement réparties. 

Qui souhaitent se former et pourquoi ?

Si la plupart des salariés ont tendance à voir dans la formation continue un levier pour concrétiser leurs opportunités de carrière et leurs souhaits de progression au sein de l’entreprise, elle représente également pour les moins qualifiés un moyen d’améliorer leur situation professionnelle en accédant à un nouveau métier ou à un autre emploi.

Voici le but évoqué par les salariés pour déclencher une demande de formation :

  • 85 % : être plus efficace dans son travail
  • 66 % : mieux connaître son environnement de travail
  • 53 % : prendre davantage de responsabilités
  • 52 % : accompagner un changement dans son activité
  • 33 % : obtenir un diplôme ou une certification
  • 32 % : obtenir une habilitation en lien avec la réglementation
  • 20 % : changer de métier ou profession
  • 14 % : trouver un autre emploi ou créer une entreprise
  • 11 % : éviter de perdre son emploi

37 % des 30-39 ans ont émis une demande de formation contre 24 % des 50 ans et plus.

A note  : 50 % des cadres et 41 % des professions intermédiaires ont fait une demande de formation durant les 12 derniers mois. Seuls 28 % des employés et 20 % des ouvriers en ont fait la demande.

La taille de l’entreprise semble également influencer la dynamique des demandes de formations : dans les entreprises de 10 à 19 salariés, 17 % des salariés ont fait une demande de formation au cours des 12 derniers mois. Ils étaient 42 % dans les entreprises de 2 000 salariés et plus.

Les plus forts taux de demande se retrouvent dans des secteurs variés comme les activités financières, d’assurance, immobilières (48 % des effectifs) ; la métallurgie, machines, automobiles, transport, réparation (43 %) ; la chimie pharmacie plastique, électricité, eau (41 %).

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Qui se forment au final ?

43 % des personnes ayant demandé une ou plusieurs formations ont pu participer à toutes les formations demandées. Toutefois on peut noter que la réponse a été favorable pour 52 % des cadres contre seulement 39 % des employés et professions intermédiaires.

Selon cette étude, formuler une demande de formation relève davantage des pratiques et règles, tacites ou explicites, mises en place dans les entreprises et intériorisées par les salariés.

Par ailleurs, le fait d’être informé des possibilités de formation et d’évoquer ses besoins de formation lors de l’entretien professionnel, augmente aussi les chances d’effectuer une demande de formation que le souhait de se former.  La hiérarchie est le premier interlocuteur mentionné en tant que source d’information sur les possibilités de formation (39 %) devant le responsable de formation / des ressources humaines (18 %).

56 % des cadres ont ainsi suivi au moins une formation à visée professionnelle au cours des 18 mois précédant l’interrogation contre 22 % des ouvriers non qualifiés.

Les salariés occupant les emplois les moins qualifiés sont également ceux qui ont formulé le moins de demandes de formation dans les 12 derniers mois : 19 % des ouvriers non qualifiés contre 50 % des cadres.

A noter : les salariés enchaînant des contrats courts ont à la fois moins de chances d’accéder à une formation financée par l’employeur, mais aussi moins de possibilités de suivre une formation qualifiante financée par la collectivité, qui vise prioritairement les personnes les plus éloignées du marché du travail.

Quelles formations selon les profils ?

La demande de formation peut refléter le souhait de se former, mais aussi les exigences liées à l’activité et l’environnement professionnels. Dans ce cas, la formation en entreprise contribue au maintien dans l’emploi, sans nécessairement prendre en compte les aspirations de la personne en termes d’évolution professionnelle.

Lorsque l’entreprise finance la formation de ses salariés (c’est très majoritairement le cas en France), elle cherche à ce que la formation réponde à ses propres objectifs :

  • satisfaire aux obligations légales (objectif déclaré par 75 % des entreprises formatrices) ;
  • accompagner des changements (67 %) ;
  • introduire de nouvelles pratiques professionnelles (52 %) ;
  • 43 % d’entre elles utilisent également la formation comme un moyen de motiver ou fidéliser leurs salariés.

Il apparaît que les injonctions liées à l’activité interviennent plus souvent dans la formation des moins qualifiés, tandis que les cadres bénéficient plus souvent de formations « de motivation », a priori plus susceptibles de tenir compte de leurs souhaits.

Les demandes de formation dans le but de changer de métier ou de profession sont davantage déclarées par les salariés occupant les emplois les moins qualifiés.

Consultez l’étude complète :
http://www.cereq.fr/publications/Cereq-Bref/La-formation-en-entreprise-face-aux-aspirations-des-salaries

Sandrine

Spécialiste indépendante des politiques d'emploi et de formation. Ancienne chef de projet éditorial du Carif IDF puis Responsable Com' Multimédia de Défi métiers. Retrouvez-moi sur twitter @ActuFormation

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2 Responses

  1. Didier Cozin dit :

    Pas grand monde se forme en France depuis 40 années mais ça tombe bien parce que personne ne veut payer pour la formation
    Les 32 milliards avancés partout sont une plaisanterie, il y a 6 milliards tout au plus pour 17 millions de salariés et les 3/4 sont absorbés par des formations obligatoires.

  2. Dreux dit :

    Grâce à mon retour d’expérience, j’ai l’intime conviction que suivre une formation même en étant salarié peut être réellement bénéfique. Hélas, la majorité des formation aujourd’hui sont obligatoires d’où le désintérêt des supposés participants.

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