Le CIF, tremplin pour la reconversion professionnelle

Qui bénéficie d’un congé individuel de formation aujourd’hui ? Quelle est la réussite de ce dispositif ? Zoom sur l’étude menée par l’Observatoire des transitions professionnelles.

Le congé individuel de formation (CIF) permet au salarié de s’absenter de son poste afin de suivre une formation pour se qualifier, évoluer ou se reconvertir. Le CIF est ouvert sous conditions. Il est accordé sur demande à l’employeur.

Le CIF, pour qui ?

Lorsqu’un salarié fait une demande de CIF, la formation demandée n’a pas besoin d’être en rapport avec l’activité du salarié. Elle peut d’ailleurs se dérouler à temps plein ou à temps partiel, et de manière continue ou discontinue (par exemple, 1 semaine par mois).

Tout salarié peut en faire la demande sous conditions :

  • Le salarié en CDI doit justifier d’une activité salariée d’au moins 2 ans consécutifs ou non (3 ans s’il est salarié d’une entreprise artisanale de moins de 10 salariés), dont 1 an dans la même entreprise.
  • Le salarié en CDD doit justifier d’une activité salariée d’au moins 2 ans, consécutifs ou non, au cours des 5 dernières années dont 4 mois, consécutifs ou non, sous CDD, au cours de la dernière année.
  • aucune condition d’ancienneté n’est exigée si le salarié a changé d’emploi à la suite d’un licenciement économique et qu’il n’a pas suivi un stage de formation entre le licenciement et son réemploi.

Bon à savoir :

Le temps passé en congé de formation est assimilé à du temps de travail, les congés payés et les primes sont dus en totalité. Le salarié continue à bénéficier de toutes les prestations de la Sécurité sociale. Le salarié est rémunéré pendant toute la durée de la formation.

Le CIF, quel bilan ?

Chaque année, environ 40 000 personnes accèdent à un congé individuel de formation, dont 32 000 au sein du réseau des Fongecif et du FAF-TT.

L’accès au CIF, fortement contraint par les ressources financières disponibles, conduit les partenaires sociaux gestionnaires à fixer des priorités.

Ce sont ainsi les ouvriers et les employés, ainsi que les personnes d’un niveau de formation inférieur ou égal au bac qui sont les principaux bénéficiaires du CIF.

42 % ont entre 30 et 39 ans, contre 26 % dans la même classe d’âge pour l’ensemble des salariés du privé. Les salariés seniors s’engagent moins souvent dans cette démarche : seuls 7 % des bénéficiaires ont plus de 50 ans, alors que cette classe d’âge représente 27 % des salariés.

Quelles motivations à s’engager dans un CIF ?

51 % des bénéficiaires souhaitent changer de domaine d’emploi, mais pas leur niveau de qualification.  Selon cette étude, « Le changement est alors motivé par la recherche d’une amélioration de la qualité de vie au travail, de la restauration du sentiment d’utilité au travail ou simplement d’une « reconnaissance » sans que la recherche d’une hausse du niveau, du statut, ou du salaire en soit la finalité immédiate. »

35 % souhaitent monter en qualification en restant dans le même domaine (8 %) ou en changeant de domaine d’activités (27 %).

Bon à savoir :  24 % des bénéficiaires d’une formation, qui entreprennent cette démarche pour faire face à une « situation complexe » d’emploi (risque de licenciement, condition de travail trop éprouvantes, etc.).

Dans une étude réalisée par le Fongecif Ile-de-France, les bénéficiaires d’un Cif ont mis en avant :

  • Changer de métier : 68 %
  • S’enrichir personnellement : 32 %
  • Evoluer dans l’emploi actuel : 30 %
  • Situation compliquée dans l’entreprise : 27 %
  • Trouver un emploi : 20 %
  • Créer mon entreprise : 17 %
  • Faire face à des problèmes de santé : 6 %

Quelle réussite après un CIF ?

93 % des personnes ayant suivi une formation en CIF accèdent à la certification visée.

Au moment d’entrer en formation, 75 % des bénéficiaires occupaient un emploi en CDI et avaient donc l’assurance de pouvoir le retrouver à la fin de leur formation A contrario, 25 % des personnes étaient en demande d’emploi suite à un CDD ou une mission intérim.

76 % des personnes qui étaient en CDD ou intérim à leur entrée en formation ont trouvé un emploi (en lien ou non avec leur formation).

Un an après la fin de leur formation, 47 % des personnes occupent un poste en lien avec leur formation : elles ont réalisé leur transition professionnelle. Un an après la fin de leur formation, 53 % des personnes ayant réalisé leur transition sont en CDI dans leur nouveau poste et 36 % sont en CDD. A noter :  85 % l’ont fait en changeant d’entreprise !

Bon à savoir : plus d’un an après le CIF, près de 36 % des personnes sont toujours en cours de transition professionnelle. Parmi elles :

  • 39 % sont en emploi et à la recherche d’un poste en lien avec la formation ;
  • 36 % sont sans emploi et à la recherche d’un poste en lien avec la formation ;
  • 18 % sont en train de créer leur entreprise ;
  • 7 % sont de retour en formation.

Au final, seuls 17 % des personnes ont abandonné leur cif en cours de formation : 18 % pour les personnes qui étaient en CDI et 15 % pour celles qui étaient en CDD ou en intérim.

Etude complète :

http://www.paritarisme-emploi-formation.fr/IMG/pdf/post-cif_2016_-_fpspp.pdf

Sandrine

Spécialiste indépendante des politiques d'emploi et de formation. Ancienne chef de projet éditorial du Carif IDF puis Responsable Com' Multimédia de Défi métiers. Retrouvez-moi sur twitter @ActuFormation

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